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Osez les poissons de saison

Écrit par Claire CHANTRY leparisien.fr.


Martigues (Bouches-du-Rhône). Alors que débute la campagne de pêche du printemps, le réseau Océan Mondial recommande aux consommateurs comme aux professionnels de privilégier les poissons de saison, pour certains inconnus du grand public. (PHOTOPQR/ « NICE MATIN »/ STÉPHANE DOUSSOT.)

Avec l’arrivée du printemps, de nouveaux poissons ou crustacés, souvent méconnus, sont à privilégier. Ils sont plus goûteux et ce choix permet de préserver les réserves marines.

Connaissez-vous le bogue de Méditerranée, le chinchard de Bretagne ou de la Manche ou le flet de l’Atlantique, des espèces sauvages que l’on peut manger en ce moment, alors que commence la campagne de pêche de printemps? Pour initier le grand public aux poissons les moins connus, le réseau Océan Mondial, qui unit les trois grands aquariums de Nausicaa en France, de Gênes en Italie et de La Corogne en Espagne, lance son appel.

Le but : donner aux consommateurs des appétits qui préservent les ressources marines. Selon l’Europe, 72% des réserves halieutiques des eaux européennes sont surpêchées.

Privilégier les espèces méconnues

« Il y a des stocks de poissons fragilisés, on veut apprendre au public à aller vers ceux qui ne le sont pas, explique Philippe Vallette, président du réseau. Selon les régions et les saisons, il existe des espèces goûteuses qui sont boudées car les gens ne les connaissent pas vraiment. Qui sait que le grondin est fabuleux au four ou que le hareng est encore sur les étals pour quelques jours? »

Sur son site Mrgoodfish*, le réseau publie les listes de vingt à trente espèces, la plupart sauvages, qu’il est conseillé de manger à une période donnée selon sa localisation. Des listes mises à jour constamment et établies en liaison avec les scientifiques mais aussi les professionnels de la pêche ou de la restauration. « Avec le poisson d’élevage, on est prudent, car il peut être nourri avec de la farine de poissons sauvages et il est donc difficile de connaître son impact sur les stocks. Par exemple, le seul saumon de l’Atlantique que l’on préconise est le bio nourrit avec des déchets des poissons », précise le responsable. « A l’inverse, on met en avant des espèces qui ont été un temps invasives mais que l’on a su valoriser. C’est le cas du berlingot sauvage, un coquillage qui a envahi nos côtes en se collant sur les huîtres mais que les pêcheries bretonnes ont su faire découvrir. »

Des recettes pour tous les poissons

Le client peut aussi trouver les tailles minimales recommandées pour éviter d’acheter du poisson trop jeune, ainsi que des recettes de chefs tels Eric Frachon ou Gaël Orieux, du restaurant Auguste, plongeur aguerri et défenseur des milieux sous-marins. Les professionnels peuvent aussi découvrir la cartographie de l’abondance des poissons par zone sur les côtes italiennes, françaises et espagnoles. Certains restaurants et poissonneries commencent à afficher le logo de Mrgoodfish, qui représente un poisson au bout de la ligne. Une centaine d’établissements utilisent cette étiquette restaurants, pêcheries, distributeurs comme Metro ou cantines mais, cette année, le réseau veut étendre le dispositif à tout le territoire. Les recommandations pourraient ainsi avoir un impact considérable : si 62 millions de Français mangeaient ne serait-ce qu’une fois par an un poisson inconnu, soit 300 g environ, cela équivaudrait à plus de 18000 t. Un bien petit effort quand on sait que chacun consomme en moyenne 35 kg de poissons par an.

* www.mrgoodfish.fr

Contact

Union Nationale de la Poissonnerie Française

7, rue Pierre et Marie-Curie
22400 Lamballe
Tel : 02 96 50 50 84

E-Mail

CGAD FranceAgrimer

UPA